Le suicide et la révolte dans les pays arabes


Une vague de suicides (certains parleront de contagion) s'est propagée dans les pays arabes ces derniers mois, débouchant dans certains cas sur une révolte populaire et un renversement de régimes en place, comme nous y avons assisté récemment en Tunisie et en Égypte.

Si le suicide est absolument interdit par l'Islam, il devient donc un acte d'un absolu désespoir. L'immolation par le feu revêt une dimension plus large encore. Cette forme de suicide que l'on rencontre au 4ième avant J.C. en Inde, deviendra une expression de révolte ultime au début des années 60 comme, en 1969, l'immolation par le feu du jeune étudiant tchèque Ian Palach qui protestait alors contre l'occupation de son pays par l'URSS.

Ce qui se passe présentement dans les pays arabes a manifestement une dimension politique. Il ne faut pourtant pas oublier ce que ce geste sacrificiel peut réellement dire pour celui qui le commet : il est l'expression d'un total désespoir et, en mourant, celui qui se suicide ainsi donne sa vie pour que quelque chose change : accès aux libertés, à la justice sociale et aux mêmes chances pour tous.

Et quelque chose est en train de changer sous nos yeux, profondément.

Mais tirons les leçons de ces drames. Rendons à la vie son sens, sa valeur. Que des hommes, des femmes n'aient plus à se suicider pour faire entendre leur désespoir.

À l'heure où nous écrivons cet article, le Conseil de Sécurité de l'ONU vient de se prononcer sur une intervention en Libye, après plusieurs semaines d'hésitations, de consultations, de divergences au sein de la communauté internationale ou de ses dirigeants pour être plus précis. Pendant ces mêmes semaines, les peuples qui constituent cette même communauté internationale assistent, impuissants, à la répression sanglante du régime Libyen sur son propre peuple.
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