Les enfants de nos agriculteurs québécois risquent leur vie


Lors des dernières chroniques sur nos agricultrices et agriculteurs québécois, nous avons abordé ensemble différents thèmes : la détresse que vivent les agriculteurs et, également, qui sont nos agricultrices et comment font-elles pour bien s’en sortir.

On peut relire le dernier article sur nos agricultrices qui concilient travail et famille:

http://www.aclickforawish.org/fr/page/20100810_travaille_famille

Comme nous l’ avons vu, les enfants sont d’une grande importance au sein des familles de fermiers, mais sont-ils à l’abri des dangers présents dans ce métier?

Et bien, non.

Actuellement, au Québec, près de 30 % des blessures et décès en milieu agricole touchent des enfants de moins de 14 ans.

La ferme est à la fois milieu de travail et environnement familial. Écrasés, coincés, entraînés, tombés… les enfants qui jouent le rôle principal dans une histoire d’horreur sont malheureusement nombreux. Milieu d’apprentissage et de jeu fascinant, la ferme n’en représente pas moins un lieu de risques pour eux.

Environ 80 % de ces décès sont attribuables à la machinerie, la moitié impliquant un tracteur. La moitié des enfants hospitalisés pour des blessures survenues à la ferme ont eu un membre coincé ou heurté par de la machinerie. Une fois sur trois, un tracteur est en cause. Autre chiffre alarmant : 80 % des enfants de moins de 6 ans décédés en milieu agricole accompagnaient un parent (ou un autre adulte) sur son lieu de travail.

La Dr Louise Paré, chercheuse rattachée à l’Hôtel-Dieu de Lévis, vient de publier en 2009 un travail de synthèse remarquable qui dresse le portrait des blessures mortelles reliées au milieu agricole au Québec, entre 1989 et 2003.

Les décès d’enfants inquiètent particulièrement Louise Paré, d’autant plus que les plus jeunes qui ne travaillent même pas à la ferme sont proportionnellement plus vulnérables que les plus vieux. Onze enfants de moins de 4 ans ont été tués, 12 de 5 à 9 ans, 7 de 10 à 14 ans et 7 de 15 à 17 ans.

Les jeunes enfants ne sont pas à l’abri, surtout en bas âge. Leur motricité et leur développement intellectuels ne sont pas encore suffisants pour être en sécurité sur les champs des fermiers.

Ce qui est encourageant au moins, c’est que le nombre total de décès diminue au fil des ans.

Revenez-nous pour une autre chronique sur les enfants de nos agriculteurs québécois. Nous traiterons alors des démarches à suivre pour éviter le pire...

Par Dino Masson
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